Amira Casar Le décor entre imaginaire et réel: trois questions à Amira Casar 03.07.2017 #design

Rêver, créer des sensations là où le réel et l’imaginaire se retrouvent

Amira Casar n’est pas du genre à se laisser enfermer dans des cases. Repérée par le photographe Helmut Newton, elle commence une carrière de mannequin avant de s’essayer, avec succès, au théâtre. Depuis son premier rôle au cinéma en 1989 avec « Erreur de jeunesse » de Radovan Tadic, Amira Casar enchaîne les rôles dans tous les registres avec la même intensité : du « Saint Laurent » de Bertrand Bonello à « La vérité si je mens ! » de Thomas Gilou en passant par « Anatomie de l’Enfer » de Catherine Breillat. Dernièrement, elle incarnait magistralement Béatrice dans la série « Versailles » de Canal +. Membre du jury de Design Parade Toulon, l’actrice évoque l’importance des décors dans son métier.

Quelle importance accordez vous au decor ?

C’est un privilège de projeter son corps conscient et inconscient graphiquement dans des espaces scénographiques crées pour nous par des décorateurs si talentueux tels Antoine Plateau ou Katya Wyskopf avec qui j’ai tourné « Versailles », la série, et « Saint Laurent » de Bonello ou « Planetarum ». Ainsi les autres et moi même, nous pouvons rêver, créer des sensations là où le réel et l’imaginaire se retrouvent. Pour ceux qui connaissent le cinéma sensoriel de Luca Guadagnino avec qui je viens de tourner, son décor de « CALL ME BY YOUR NAME » est splendide, un shabby chic décontracté.

Quels styles de décorateurs vous touchent ?

Certains décors de Mongiardino dans les films de Visconti, ceux  de Kurozawa, de la maison rouge de « Cris et Chuchotements » de Bergman, de « Voyage en Italie » de Rossellini, tous les décors de Tarkovski, le « 2001 » de Kubrick. Aussi et surtout, ceux de la scénographe de Christoph Marthaler, l’immense Anna Vieibrock. Je pourrais vivre dans le décor qu’elle a fait pour sa pièce « Maeterlink » ! Je rêve souvent de la vie dans une cabane dans le Tyrol, perdue et seule. L’Art Déco me passionne, le Swedish Grace, le style architectural du Musée de l’art Moderne avec ses bas reliefs, le mobilier de Koloman Moser, de Hoffmann. Toutes les maisons de l’artiste Cy Twombly. Le décor de « L’Argent » de Marcel l’Herbier, la cuisine du musée Camando, l’appartement personnel de Jean Michel Franck, tout absolument tout ce qu’a fait Mallet Stevens, surtout ses cuisines ! Le mobilier du XVIIème siècle français, la tapisserie belge du XVIème siècle. Les maisons Bauhaus de Tel Aviv et, les décors d’Elsie de Wolfe !

Quelles découvertes vous ont épatée dernièrement ?

Je raffole de la chapelle du château d’Ecouen et son style Rennaissance. David Hockney à Beaubourg. La pièce « Medea » du génial metteur en scène, Simon Stone au Théâtre de L’Odéon, un choc délicat et viscéral. J’ai hâte de découvrir l’exposition de Vincent Darré à Toulon.

Amira Casar sera à l’affiche du spectacle « Les Trois Sœurs » au Théâtre de L’Odéon mis en scène par Simon Stone en novembre 2017 et du film « Call Me By Your Name» de Luca GUADAGNINO sortie prévue début 2018.

Propos recueillis par Serge Carreira, maître de conférences à SciencesPo

Portrait : Jean Picon

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