Guillaume Marbeck
De l’ombre à la lumière
« Le cinéma consiste à rendre visible l’invisible pour générer une vérité. »
À l’heure où bon nombre de ses plus grands mentors nous ont quitté, il incarne un nouveau visage du cinéma français. Dans le contexte de sa nomination parmi les Révélations Masculines des César 2026 pour son rôle de Jean-Luc Godard dans Nouvelle Vague de Richard Linklater, et après avoir transité par d’autres cérémonies toutes plus prestigieuses les unes que les autres depuis le Festival de Cannes, Guillaume Marbeck nous confie, avec une fraîcheur enthousiaste non dénuée de lucidité, l’expérience de son passage de l’ombre à la lumière. Il nous partage surtout sa vision sincère, engagée et inclusive d’artisan du métier, qui s’est construite étape par étape, après avoir exploré l’ensemble des rouages de cette industrie, du poste de technicien à l’incarnation du visage d’un film. Derrière sa profondeur poétique « à la Française », son élégance « à l’Italienne » et son attitude décapante « à l’Américaine », que nous avons pris plaisir à mettre en scène dans le cadre raffiné du Plaza Athénée, se dévoile une personnalité stable et ancrée, qui se positionne au-delà son art, en porte-parole assumé des métiers invisibles du cinéma, ceux sans lesquels on ne pourrait le pérenniser, sinon le réinventer.
En étant passé, depuis Nouvelle Vague, du statut d’inconnu à celui de premier rôle d’un film choyé par les plus grands festivals et cérémonies, beaucoup te comparent au gagnant d’une loterie. Or, tu ne viens pas de nulle part, tu es diplômé d’une école de cinéma, tu as suivi deux ans de formation d’acteur. N’as-tu jamais ressenti la conviction profonde qu’une telle opportunité finirait par se présenter un jour ?
Guillaume Marbeck :
J’ai toujours eu l’impression qu’on allait me repérer dans la rue. Je scrutais les gens dans le métro en me demandant s’ils étaient dans le « game » du cinéma. Après 2020, j’ai pris conscience que la donne avait changé, que le monde s’était dématérialisé, et que la rue s’était déplacée vers les réseaux. J’ai donc décidé de me rendre omniprésent en ligne en publiant le maximum de photos et vidéos sur les sites présentant des acteurs.
Je repense à ta vidéo Youtube qui a été l’élément déclencheur de ton lien avec l’équipe de Nouvelle Vague. Pourquoi a-t-elle tapé dans l’œil de Richard Linklater à ton avis ?
Guillaume Marbeck :
Rien ne serait arrivé si Stéphane Batut, le directeur de casting, ne m’avait pas d’abord repéré à travers ma vidéo de présentation. Je l’ai pensée le plus sincèrement possible par rapport à mon individualité… comme si je soumettais mon profil au rôle de Guillaume Marbeck dans mon propre biopic. Chaque acteur est unique, mais le plus souvent – et j’en ai fait les frais -, les acteurs ont tendance à n’exprimer qu’une infime partie d’eux-mêmes, ce que l’on attend d’eux, comme s’ils se focalisaient sur un seul rayon chromatique de leur arc-en-ciel. Je préfère offrir une large palette de mes possibilités, et donner à réfléchir à ce que l’on pourrait développer ensemble.
Le ton de ta vidéo est libre et spontané, probablement dans la lignée de la personnalité de Godard au temps d’À Bout de souffle, et techniquement, bien maîtrisée, comme Nouvelle Vague, sachant que dans ta vie antérieure, ton principal métier était d’être photographe.
Guillaume Marbeck :
C’était mon envie de retranscrire mon esprit de liberté. Or, pour y arriver, j’ai positionné la caméra, ajusté quatre fois le cadre, augmenté la lumière. Je me suis rasé pour que ça passe mieux, j’ai choisi ma tenue. La mise en scène est très contrôlée. Une fois rassuré par le rendu, mon jeu s’en est trouvé libéré. Faut-il être photographe pour devenir acteur, je ne sais pas. Mais la profession demande toujours plus de self-tapes, des vidéos pour des castings à distance. Il y a un milliard de manières de se filmer et une seule pour correspondre au personnage voulu. Cela crée un déséquilibre extrême pour les comédiens qui ne sont pas photographes.
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Liberté d’action versus préparation méticuleuse, c’est ce qui différencie la production d’A Bout de Souffle de celle de Nouvelle Vague ?
Guillaume Marbeck :
Les conditions de tournage d’A Bout de Souffle ont généré leur lot de mysticisme et de légendes, comme le fait qu’il n’y avait pas de scénario, que celui-ci se construisait au jour le jour. Ce n’était pas du tout le cas. Godard travaillait à partir d’un carnet dans lequel il avait consigné toutes ses idées depuis dix ans. Il les injectait dans les passages du film qui s’y prêtaient. Finalement, c’est de l’improvisation, mais pas sans une véritable ébauche. Dans le cas de Richard Linklater, il fallait reconstituer toute une époque, ce qui a demandé un temps considérable de préparation. Paradoxalement, la rigueur imposée par la production de Nouvelle Vague a offert une certaine forme de liberté. L’apprentissage par cœur du texte et des scènes nous donnait l’assise nécessaire pour laisser place à l’impromptu, en modifiant le rythme d’une phrase, le déplacement d’un corps dans le cadre.
Vous avez ce point commun avec Godard, comme évoqué dans le film, d’avoir démarré votre carrière tardivement. Ta liberté d’approche ne provient-elle pas du temps que tu as consacré à te connaître, à t’assumer, avant de te lancer ?
Guillaume Marbeck :
Avant d’être acteur, j’ambitionnais de devenir réalisateur. C’est pourquoi j’ai voulu m’imprégner de l’ensemble des métiers du cinéma. J’ai commencé par celui d’assistant-accessoiriste dans le film Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?, un poste stratégique qui te permet d’interagir avec 95% des équipes d’un plateau, car tout le monde a besoin d’un briquet ou d’un morceau de scotch. Puis, je me suis confronté au cadrage en étant assistant-caméra pour No Limit, une série policière avec Vincent Elbaz. À d’autres niveaux de la chaîne, j’ai exploré le marketing via la distribution. J’ai également pu aiguiser mon œil critique à travers la fonction d’achat au sein du Marché du Film (contexte de notre rencontre à Cannes), qui m’imposait de visionner 10 à 15 films par jour. Avec toutes ces expériences, j’ai pu comprendre les rouages de la profession, voir jusqu’à quel point on peut déléguer à d’autres en toute confiance.
Ce parcours illustre une belle leçon de vie pour les jeunes générations ?
Guillaume Marbeck :
La question se situe surtout par rapport aux barrières à l’entrée. Aujourd’hui, tout le monde peut prendre une caméra et faire des photos. Malheureusement, ou heureusement d’ailleurs, tout le monde n’arrive pas à faire une belle photo car cela passe par l’expérience, le goût, l’apprentissage de la technique, la direction d’acteur. Si bien qu’il faut s’être confronté à des situations d’échecs pour atteindre un résultat, auxquelles s’ajoutent des solutions miracles que tu ne peux découvrir qu’en faisant les choses par toi-même.
Tu as une approche résolument rationalisante et artisanale du métier.
Guillaume Marbeck :
J’ai même fait de la « production value », une mission consistant à optimiser le rendu d’une production sans dépenser un euro de plus. Pour moi, c’est une honte de ne pas donner le maximum de soi quels que soient les moyens qui nous sont donnés. Parfois, pour des films à gros budget, on se demande où est passé l’argent, alors qu’une production modeste va provoquer des effets grandioses. En réalité, la question à se poser porte moins sur les moyens que sur le niveau d’excellence de la personne qui est derrière les manettes, ou bien la portée de l’idée derrière le film. En 1959, À bout de souffle était une tentative de redéfinir la fabrication d’un film : produire autrement, avec moins de moyens mais plus de liberté. Je me retrouve dans sa démarche artisanale : connaître les règles et l’héritage d’un savoir-faire pour décupler son inventivité. Godard challengé son chef-opérateur à l’époque en voulant tourner de nuit sans éclairage. Seules les pellicules photos possédaient la sensibilité nécessaire mais en petites bobines, pas suffisamment longues pour tourner des scènes au cinéma. Raoul Coutard a dû les raccorder. Cela relève vraiment de l’artisanat.
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Jouer un rôle aussi écrasant symboliquement que Godard est-il enfermant, ou bien un levier vers d’autres rôles ?
Guillaume Marbeck :
Je ne pense pas du tout que cela soit enfermant. Il fallait bien commencer quelque part et on ne peut espérer plus belle porte d’entrée pour le métier. D’autant plus qu’on me reconnaît à peine derrière mes lunettes noires et mon début de calvitie. En règle générale, le biopic d’une personnalité artistique offre un nuancier d’émotions bien plus large qu’un personnage de fiction. Par ailleurs, Richard Linklater a voulu désacraliser le rapport au rôle en ne voulant jouer qu’avec des inconnus, si bien qu’on ne se pose plus la question de savoir si l’acteur joue bien ou mal Godard en voyant l’œuvre.
Pour un incarner une telle personnalité, où se situe le curseur entre l’imitation et « l’Art de l’interprétation » ?
Guillaume Marbeck :
Mon objectif n’était pas d’imiter Godard, d’en faire une caricature qui pousse au sourire, mais qu’on se demande véritablement qui était cet homme, où il allait, quelle était sa folie ! Mon interprétation cherchait à capter l’essence de son tempérament, quelque chose d’indéfinissable qui s’exprime dans un regard, une voix, une présence. Car au fond, le cinéma consiste à rendre visible l’invisible pour générer une vérité.
Autrement dit, il faut être « plus vrai que nature ». Ce rôle a dans tous les cas révélé la dimension charismatique de ta personnalité.
Guillaume Marbeck :
Interpréter un « rebelle » se rapproche de mes goûts cinématographiques et de ma remise en question perpétuelle des règles, provenant également probablement de mon background de skater. Pourtant, dans la vie, je ne me trouve pas particulièrement charismatique. Je n’ai pas envie de déranger ni de faire des frasques, sauf dans un cercle très privé, ou dans un endroit où je ne connais personne. Mais au cinéma, si on m’autorise à tout casser, je demande presque si la personne est sûre d’elle, parce que ça peut aller très loin.
Ce ton irrévérencieux mêlé de prestance, on pourrait le qualifier de « style à l’américaine », qui a fortement influencé la Nouvelle Vague à l’époque, et qui peut expliquer que ce soit un Américain qui décide de s’approprier un tel courant aujourd’hui. D’ailleurs, nous avons pris plaisir, lors de la préparation de cette séance photo pour Say Who, d’aller puiser dans les attitudes d’un jeune Robert De Niro ainsi que dans le vestiaire d’une maison comme Prada conjuguant l’élégance à l’Italienne à l’esprit iconique du cinéma américain, pour te mettre en scène, et de voir l’aisance avec laquelle tu t’es glissé dans ce nouveau personnage.
Guillaume Marbeck :
Il y a le style esthétisé à la Martin Scorsese, plus pictural à la Brian de Palma, ou bien plus dépouillé à la Ken Loach. Je me retrouve dans les trois esthétiques, car elles véhiculent toutes une énergie, une vivacité, avec le sentiment que dans l’image qui suit d’un film, la surprise va potentiellement arriver, comme un lion prêt à bondir. Et puis elles ont toutes cette recherche de profondeur qui les rend authentiques. Je ne sais pas à quel point nous avons atteint cette profondeur aujourd’hui, mais à l’image d’une équipe de cinéma, nous avons construit notre intention de manière collective pour y arriver, pour trouver le ton juste.
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Tu découvres d’autres facettes du métier d’acteur actuellement, comme le travail de promo qui entoure la sortie du film, et qui peut être tout aussi consumant que la phase de création ?
Guillaume Marbeck :
Avec mon expérience de la distribution, j’ai pleinement conscience des enjeux liés au développement de la notoriété d’une œuvre auprès du public. Cependant je n’avais jamais vécu cette étape de l’intérieur. Depuis, j’éprouve un immense respect pour tous les acteurs qui doivent s’investir dans la promo, au sein de leur pays, dans ceux où le film sera distribué. On se retrouve perpétuellement confronté aux mêmes questions, tout en essayant de conserver la fraîcheur des réponses. Au début, cela génère une forme de vulnérabilité dérangeante à cause du sentiment de ne pas se faire comprendre. Et avec le temps, tu peaufines ton discours à la manière d’un one-man-show.
Comment as-tu vécu ton parcours de nominations en nominations, du Festival de Cannes au Festival Lumière, de Deauville aux Golden Globes ?
Guillaume Marbeck :
Avec une grande joie. Je me suis dit : maintenant que nous y sommes, pourquoi ne pas en profiter ? Lorsque tu y as mis toute ton âme, c’est gratifiant de réaliser que ces gens ont « capté » ton projet. Sachant que les sélectionneurs, fonctionnant pour la plupart au coup de cœur, prennent de réels risques en estimant que ton film, pas encore sorti, probablement encore perfectible, mérite toute sa place dans le paysage cinématographique actuel. Sans compter que ces récompenses l’ancrent dans l’inconscient collectif. Les spectateurs ont tendance à imaginer que ce sont toujours les mêmes noms qui occupent l’espace de ces consécrations. Or Nouvelle Vague est parti de loin : casting inconnu, première réalisation de Linklater en langue française, image en noir & blanc, format 4:3, sur un thème légendaire attendu au tournant. En définitive, se retrouver en première ligne de ces événements, avec un seul et même film, et le premier de ta carrière, c’est assez libérateur.
Le contexte qui nous réunit, ce sont les César aujourd’hui. Un festival peut porter un coup de projecteur inouï sur un film et ses talents sans pour autant lancer des carrières sur le long terme. Comment situes-tu les César par rapport aux autres cérémonies ?
Guillaume Marbeck :
A la différence d’un festival dont le cercle restreint des décisions se limite aux personnalités d’un board ou d’un jury, ou des Golden Globes, décernés par la presse, l’Académie des César réunit plus de 5000 « professionnels de la profession », comme dirait Godard : des réalisateurs aux machinos, des costumiers aux scénaristes, ce sont tous des artisans de ton art qui portent ton nom. Cela sort du compliment isolé à la fin d’une projection, dont on ne saurait dire s’il est motivé par l’objectif de se rapprocher de ta société de production ou d’associer ton image à un journal. Être collectivement nommé Révélation masculine par d’autres figures du métier que j’admire a non seulement une portée vertigineuse, mais nous évite le syndrome de l’imposteur.
Plus symboliquement, y a-t-il des moments qui t’ont marqué dans l’histoire des César ?
Guillaume Marbeck :
Depuis tout jeune, je suis touché par le « diapo » des hommages en ouverture de la cérémonie, plus encore au cours des trois dernières années. Y figuraient des mentors que j’avais rencontrés ou que je considérais comme immortels. Au sentiment de vide provoqué par ces disparitions se mêle un moment de transmission, voire d’élan vers l’avenir. On nous rabâche sans cesse qu’il faut « prendre sa place » dans la vie. Les places ne se volent pas, elles se libèrent, naturellement. A nous de nous autoriser à les occuper. Pendant trop longtemps, au cours de ma vie, j’ai délaissé mes propres « plans », davantage concentré à aider les autres à atteindre leurs buts. Cela va me faire quelque chose de découvrir le nouveau « diapo », assis officiellement dans mon fauteuil de cérémonie. Je me dirai qu’un jour, si tout se passe bien, je figurerai dans l’un d’eux. C’est une perspective malheureuse évidemment, mais elle signifiera que j’aurai été heureux.
Il arrive très fréquemment que des nominés marquent les esprits d’une génération même s’ils ne remportent pas de prix.
Guillaume Marbeck :
Le simple plaisir de me retrouver assis aux côtés de tous ces énergumènes constitue déjà une chance. Lorsqu’on s’y penche, qu’ils soient acteurs, réalisateurs, producteurs, scénaristes ou régisseurs, ce sont tous des « weirdos magiciens », peu importe le poste qu’ils occupent. Ils sont passés de derniers de la classe à enchanteurs capables de te transporter dans un autre monde. Les difficultés qu’ils ont rencontrées pour se faire accepter font qu’ils te rendent encore plus fort, avec la vulnérabilité qui est la leur et les contraintes du cinéma. Ils se donnent à cœur perdu et d’ailleurs, on donne sa vie au cinéma : avoir du temps libre, c’est pour se rendre disponible au cas où on vous appelle et être prêt à s’investir à cent pour cent.
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Se pose la question de l’après-César…
Guillaume Marbeck :
Si je pouvais le prédire… Ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas repris mon métier de photographe pour pleinement m’ouvrir à de nouveaux projets dans le cinéma.
Il y a tout de même un film qui sort actuellement.
Guillaume Marbeck :
Oui, Coutures d’Alice Winocour. J’y joue un maquilleur un peu « bitchy » face à Ella Rumpf, et je me suis donné le défi d’y montrer les comportements sournois et passifs-agressifs propres à la mode, si proche du cinéma. Ce rôle parle autant de la pression subie par les talents que de l’impact émotionnel sur les équipes qui les accompagnent. Je sais la valeur d’un simple « merci », d’un prénom retenu, et combien cela t’embarque dans un projet. Tous ces gestes invisibles comme t’apporter une bouteille d’eau, scotcher un câble, t’offrir un repas bien préparé, te permettent de te concentrer pleinement sur ton art et le sens que tu veux donner à l’histoire.
As-tu un rôle à jouer dans la défense des métiers de l’ombre ?
Guillaume Marbeck :
Oui, clairement. Quand tu es haut placé, tu as une responsabilité : tu donnes le « La », pas seulement artistiquement, mais dans l’ambiance générale du plateau. Si le réalisateur est détendu et respectueux, l’équipe le sera aussi. Je me souviens, sur Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, Christian Clavier avait organisé un pot et veillait à ce que chacun ait son verre, même les plus invisibles. Ce geste m’a marqué. Alors, plus tard, j’ai fait la même chose en douce, pour remercier l’équipe, sans dire que ça venait de moi. J’aime l’idée que la générosité circule discrètement, à l’image de ces personnes qui agissent discrètement pour toi, alors que toi, tu te « régales ». Dans Nouvelle Vague, ce qui m’a frappé, c’est la méthode inclusive de Richard.
Il intègre tout le monde au processus créatif, pose des questions, écoute réellement les réponses. Et je pense que la clé de la réussite réside dans la liberté de parole et la confrontation des idées. Par peur du conflit, on évite le débat et l’on appauvrit le résultat, alors même que c’est dans l’échange et la recherche d’un terrain commun que peut émerger la vérité.
On se dit que ta vie va devenir romanesque avec toutes ces nominations, alors que tu es très centré sur une vie de famille posée et équilibrée.
Guillaume Marbeck :
J’ai toujours voulu une vie stable avec un couple et des enfants, même si j’ai eu besoin d’aller au bout de ma jeunesse avant de me poser. Une relation profonde et épanouissante m’a fait perdre le goût de l’aventure et de la fête que je percevais comme dépourvu de sens. Seul le cinéma et l’art ont continué à m’animer en dehors de ma vie privée. Au milieu du projet de Nouvelle Vague, alors que je vivais l’expérience cinématographique à laquelle je rêvais d’accéder, j’ai pris conscience qu’un film, aussi prestigieux soit-il, reste éphémère, ce qui fait émerger plus fortement le désir d’un enfant et d’un projet de long terme. Aujourd’hui, c’est la stabilité de mon socle intime qui me permet de m’engager plus radicalement dans des rôles à risque.
Propos recueillis par David Herman
Photos : Jean Picon
Stylisme : Sonia Bedere
Tenues : Prada
Remerciements : Plaza Athénée

