Le Jeu de Paume présente une relecture inédite de l’œuvre de Martin Parr
Réunissant près de 180 œuvres, ‘Global Warning’ (Alerte générale) propose de revisiter l’œuvre de Martin Parr, disparu il y a peu. À l’aune du désordre généralisé de notre époque, l’exposition met en avant différentes séries réalisées depuis la fin des années 1970 jusqu’à aujourd’hui.
Tout au long de sa carrière, sans militantisme mais avec constance, Martin Parr dresse un portrait saisissant des déséquilibres de la planète et des dérives de nos modes de vie. À travers ses nombreuses séries, commencées dans les îles britanniques et en Irlande, puis étendues dès les années 1990 aux cinq continents, émergent des thèmes récurrents : les turpitudes et les ravages du tourisme de masse, la domination de la voiture, les dépendances technologiques, la frénésie consumériste, ou encore notre rapport ambivalent au vivant. Toujours avec son regard singulier et décalé, Parr aborde indirectement plusieurs causes majeures identifiées des bouleversements climatiques de l’Anthropocène : usage effréné des transports, consommation d’énergies fossiles, surconsommation globale, dégâts environnementaux. L’œuvre d’une vie, en apparence plaisante, qui se révèle, avec le temps et l’évolution des mentalités, peut-être plus grave qu’il n’y parait.
À la lumière de l’ensemble de son œuvre, l’usage du décalage et de la dérision place Martin Parr dans une lignée satirique britannique, attentive à révéler les paradoxes de notre société. En parallèle, le Jeu de Paume présente la première grande exposition en France dédiée à la photographe sud-africaine Jo Ractliffe. Lors du vernissage de ces expositions à ne manquer sous aucun prétexte, nous avons notamment croisé les commissaires d’exposition Quentin Bajac et Clémentine de la Féronnière, Martin Solveig, Alice Moitié, Lee Shulman, Louie Banks, JWLS, Susie et Helen Parr.
Photos : Ayka Lux

