Yohji Yamamoto monte sur le ring
Déstructuré et décliné dans toute nuance de noir possible, le vestiaire Yohji Yamamoto incarne avant tout un regard critique sur notre société. Véhiculé par des vêtements élégants au savoir-faire impeccable, son désir de bousculer les codes se concrétise davantage cette saison avec des poires de boxe placées en plein milieu du podium. Les mannequins font ainsi leur entrée sur le ring. Symbole des combats à mener dans l’industrie ? Ou, plus largement, métaphore du tumulte politique qui nous frappe ? Quoi qu’il en soit, le couturier japonais n’en est pas à son premier round. Les silhouettes se succèdent, portées avec la solennité qui caractérise un défilé signé Yohji Yamamoto. Déambulant lentement, effleurant presque ces objets de combat, les modèles parcourent le podium avec stoïcisme, sans jamais se livrer à une violence réelle. Comme pour contrebalancer la brutalité symbolique du ring, la collection se veut presque colorée, selon les standards de Yohji Yamamoto. Des ensembles crèmes, blanchâtres et nude illuminent le catwalk, tandis que des motifs militaires convoquent verts, bruns et bleus, sans oublier quelques touches de rouge sur fond noir.
Une fois de plus, Yohji Yamamoto démontre qu’il est maître à juste titre, et ses défilés restent l’un des temps forts de chaque semaine de la mode. Au front row, nous avons croisé Sofiane Pamart, Hugo Marchand, Sang Heon Lee, Joey Starr, Mickaelene Thomas, Daniel Caesar et bien d’autres.
Texte : Cristina López Caballer
Photo : Jean Picon

