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19.09.2018 #mode

Arthur Arbesser

La relève de la mode milanaise

La femme que j’ai imaginée est décidée à s’habiller de contrastes, elle conçoit la mode comme un jeu intellectuel.

C’est en backstage de son défilé Printemps-Eté 2019, seulement quinze minutes avant le show et devant le moodboard de sa collection, que nous retrouvons le designer Arthur Arbesser. Récemment nommé directeur artistique de la marque Fay appartenant au groupe italien Tod’s, il lance sa marque éponyme de façon indépendante en 2013 à Milan. Depuis, ses défilés sont des événements toujours très attendus car Arthur Arbesser est reconnu comme l’un des designers les plus brillants de sa génération. Il est le vainqueur du prix de la mode italienne Who is on next en 2013, l’un des finalistes du célèbre Prix LVMH en 2015 et était le designer invité à Pitti Uomo, le salon de la mode masculine, à Florence la même année.

Vous participez aux grands rendez-vous de la mode italienne que sont Pitti à Florence( où vous avez été designer invité en 2015) et chaque années à la Fashion Week de Milan. Que ressentez-vous pour chacun de ces rendez-vous?

Pitti, c’est un grand honneur d’y être invité lorsqu’on est designer, c’est aussi le futur de la mode. Milan, c’est ma ville d’adoption et c’est une joie d’y faire défiler mes collections.

Votre défilé à Milan est très attendu car vos collections sont toujours le fruit d’un travail de recherche. Votre style est bien reconnaissable et riche de références artistiques et culturelles. Quelles sont vos inspirations pour cette collection printemps-été 2019 ? Faites-vous également référence à la tradition viennoise du début du XXème siècle sur la recherche des formes graphiques et des tissus qui caractérisent votre travail et constituent votre « bagage » culturel ?

Le thème conceptuel de cette collection est la présentation simultanée du produit fini et de son processus de création, permettant ainsi de clarifier les méthodes qui transforment les idées en objet. J’aime les collections recherchées : d’un côté il y a la référence aux calculs et à la géométrie parfaite qui caractérisent les recherches graphiques de la Wiener Werkstätte ; et de l’autre les travaux de Fausto Melotti, sculpteur italien qui a mené dans ses travaux une réflexion sur l’histoire de l’Homme et les grands principes de la Nature que sont l’ordre, la géométrie et l’harmonie, comme un remède aux maux de l’existence humaine.

Vous êtes en effet passionné d’art et cela transparaît dans vos collections. Comment placez-vous votre marque éponyme et vous-même, en tant que directeur artistique, dans le monde chaotique de la fashion industry d’aujourd’hui ?

C’est vrai que le monde de la mode est dur, le travail de designer est difficile mais tellement gratifiant. Mon objectif en tant que designer est simple : c’est de montrer le beau dans le monde, de sublimer la femme et de créer des vêtements esthétiques dans lesquels elle se sent forte et libre. Il existe une contamination de la mode par le monde de l’art. En tant que directeur artistique et passionné d’art, je ressens la responsabilité de transmettre ce patrimoine artistique à travers mes collections et de mettre en lumière des artistes.

Pourriez-vous nous donner trois mots qui caractérisent cette collection printemps-été 2019 ?

Personnelle, libérée et sophistiquée. La femme que j’ai imaginée est décidée à s’habiller de contrastes, elle conçoit la mode comme un jeu intellectuel au travers duquel elle se découvre, se fait remarquer. Les vêtements ont à la fois une coupe « sartoriale » et des lignes rigoureuses, et sont enrichis de paillettes pour une femme glamour et sexy.

Votre parcours démarre à Vienne ou vous êtes né et avez grandi, puis à Milan où vous êtes expatrié depuis plus de dix ans, en passant par Londres où vous avez étudié à la Central Saint Martins. Quelles sont vos relations avec la France et Paris ? Que pouvez-vous nous dire sur l’image de la parisienne ?

Paris est magique et fascinante. La Parisienne a une image qui correspond parfaitement à la femme que j’imagine au travers de mes collections : forte, libre et naturelle.

Interview: Delphine Souquet

Portrait: Sefora Delli Rocioli

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