Marie Thumerelle 20.07.2011 #art

Quand elle ne reçoit pas chez elle, chez Ofr, cette blonde énergique est de tous les vernissages, de tous les évènements culturels qui comptent à Paris. Vous l’avez certainement déjà vue, découvrez donc son univers…

OFR vient de fêter ses 15 ans. Peux-tu me raconter quelques souvenirs, les meilleurs comme les pires ?

En 15 ans nous avons réalisé des milliers de choses, un réseau de distribution de magazines créatifs indépendants, edité des gratuits parisiens, des guides sur Paris, ouvert des librairies partout dans le monde, rencontré des milliers de gens, exposé des centaines d artistes…. Des souvenirs j’en ai pour toute ma vie ! Et ils sont heureux !

Et la fête ??

La fête, c’était pour remercier les gens avec qui nous avons collaboré pendant toutes ces années, les clients fidèles, et nos amis. Dans un jardin, des concerts, du champagne, de la bonne musique qui nous a fait danser jusqu’au petit matin. Et notre amie Marion que nous connaissons depuis 15 ans en magnifique Femme gâteau. On a été gâtés, il y avait beaucoup d’amour, c’était magique. Que des retours enthousiastes !

Parle-moi du livre « On fire », de quoi s’agit-il ?

Ce sera un livre sur une génération de photographes, illustrateurs, architectes, designers que nous avons vu évoluer, grandir autour de 0fr. Il doit paraître en novembre.

Au fait, OFR ça veut dire quoi au juste ? C’est un acronyme ou rien à voir ?

Nous avons commencé en éditant un magazine gratuit qui s’appelait Prétextes, à l’époque, on était encore au franc, le graphiste Daltex a mis le 0fr assez visible et c’est devenu 0fr. Mais aujourd’hui on a compris ce que ça voulait dire, après 15 ans, 0fr, ça veut dire 0pen, free, and ready !

Comment vous répartissez-vous les rôles, ton frère et toi ?

On n’a jamais fait de réunion pour se répartir quoi que ce soit. A deux tu fais tout, tu ne te dis pas que ce n’est pas à toi de le faire, tu le fais. Après il y a des choses qu’Alexandre maîtrise beaucoup mieux que moi, et inversement. On ne s’impose rien, tout se fait avec beaucoup de respect et de confiance. De toute manière, sans cela, 0fr n’existerait pas.

Quel est ton livre préféré dans la librairie ?

C’est le Guide Paris que nous éditons, parce que c’est un plaisir de faire partager les lieux qui font que Paris est la ville que l’on aime.

Quelle est l’exposition qui t’a le plus marquée ?

Au printemps 2009 le photographe Mark Borthwick a passé dix jours dans la galerie. Il était comme chez lui. En plus d’ exposer ses tirages, il a créé un lieu de vie où il a fait la cuisine, des concerts… Une liberté incroyable et une belle générosité. Il est d’ailleurs revenu pour les 15 ans nous offrir un magnifique concert. Le choix des artistes que nous exposons repose avant tout sur leur talent mais aussi sur leur personnalité. On va vivre au moins une semaine avec eux, on préfère que ça se passe dans la joie et la bonne humeur !

Comment se passe l’été chez OFR ?

0fr reste ouvert tous les étés, les touristes sont heureux d’avoir un lieu ouvert ! Cette année, Stella a ouvert un café dans la galerie et Yaya, d’Herman Dune, expose ses dessins ( il a signé son livre disque et chanté un soir ensoleillé de juillet, c’était super).

Que se passe-t-il à la Cité Griset ?

C’est le Grand 0fr : 200 m2. On le loue pour plein d’évènements privés. 0n a réalisé une grande expo collective en décembre dernier, c’était beau. On le refera.

Après une fin d’année très chargée, quels sont vos projets pour la rentrée ?

La rentrée, c’est toujours le salon Who’s Next où l’on a une librairie depuis sa création. Et puis il y a la sortie de magazines attendus comme Self Service, Encens ou Purple que nous diffusons depuis leurs débuts. Nous sommes fidèles aux gens avec qui nous collaborons. Par ailleurs, Ozone va exposer des luminaires, très beaux, dans la galerie. Et, comme toujours, notre sélection de livres, magazines, et accessoires de créateurs indépendants dans notre librairie. Comme dirait mon amie Christel Vidal : « keep up the good work ! »

Quel artiste aimeriez-vous exposer/éditer plus que tout ?

Stephen Shore, j’adore !

Vous qui éditez aussi un guide, quel genre d’endroit manque encore cruellement à Paris ? Inversement, quelle est pour toi la dernière bonne nouvelle parisienne ?

Nous avons la chance de vivre dans une ville où beaucoup de gens se risquent à ouvrir des endroits intéressants. Le fléau, ce sont les voisins. Un lieu comme le Rosa Bonheur, c’est une chance incroyable, un lieu ouvert dans un jardin à Paris où l’on peut boire et danser, ça n’a pas de prix. Malheureusement, à cause des plaintes ils ont dû limiter l’accès par des barrières, mettre en place des vigiles et instaurer des horaires. Ce qui manque à Paris, c’est un vrai lieu en extérieur, ouvert a tous, dans lequel la musique pourrait nous faire danser toute la nuit !

Propos recueillis par Florence Valencourt

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