L’Odyssée Marseille-Provence 2013 : preview.

Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence

11.01.2013
#art

La « grande clameur » a lancé Marseille-Provence 2013 sous l’azur immaculé du ciel provençal. A la veille du week-end inaugural, Saywho a eu l’honneur de visiter en avant-première quelques-uns des programmes phares de l’année Capitale, disséminés dans les structures flambant neuves érigées par la cité phocéenne avec l’aide de grandes signatures internationales.

Après 660 millions d’euros de travaux, quelques chefs d’oeuvres d’architecture voient le jour le long de la Joliette : Le J1 (grande avancée aux airs d’entrepôt portuaire), le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditérranée (MuCEM), flanqué de son moucharabieh chrysalidien, et l’inexplicable avancée de la Villa Méditerranée, prouesse technique à la géométrie flottante. Une véritable mutation du littoral marseillais – plus précisément des quais du port, et une réhab urbaine censée dynamiser toute la vie d’un quartier jusqu’à lors dédié au trafic autoroutier, et à sa cathédrale aux rondeurs florentines.

Autre grand travaux majeur : la Friche Belle de Mai et sa Tour-Panoramique, où les artistes contemporains seront invités à accrocher des oeuvres inédites dès lors que le bassin méditerranéen les a enfantés. Sublime, l’exposition inaugurale « Ici, AIlleurs » rassemble 39 artistes majeurs, parmi lesquels Annette Messager, Orlan, Wael Shawky, Fayçal Baghriche… Les arts vidéo sont largement représentés, symptomatique de la velléité de l’organisation d’ouvrir au grand public la culture sous toutes ses formes.

Plus largement et comme son intitulé le suggère, Marseille-Provence s’invite dans d’autres « hotspot » de la région azuréenne avec le support du FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain), notamment Aubagne et Aix-en-Provence. Notre odyssée fait dont escale dans la petite chapelle des Pénitents noirs de cette première, où la monographie inaugurale de Mona Hatoum tranche avec la sécularité des lieux. Une nouvelle fois, on retrouve les thèmes légions du bassin méditerranéen : le voyage, l’exil, le déplacement, la mémoire.

Dernière étape de nos pérégrinations provençales, la ville d’Aix-en-Provence, qui se voit pigmentée d’oeuvres urbaines de plasticiens, internationaux cette fois : les pois de Yayoi Kusama recouvrent les arbres du cour Mirabeau, Xavier Veilhan squatte la l’Hôtel de Ville, et Rachel Feinstein se baigne dans la fontaine de la Rotonde, habituellement plus connue pour ses lions du XVIIIe que pour sa mystérieuse sculpture burtonienne. Un parcours dans les ruelles ensoleillées de la ville, qui se conclut par un immense « Cadavre Exquis », ultime contingent d’artistes méditerranéens pour lesquels le musée Granet s’est significativement élargi.

Au delà des desseins mercantiles, tous ces projets affichent la volonté d’asseoir les cultures méditerranéennes dans leur ensemble et d’en dresser une liste exhaustive dans une frise historique haletante, des grandes civilisations antiques aux hommes d’aujourd’hui (tel le sous-titre l’exposition « Méditérranées », perchée au sommet du J1). Institué logiquement comme un pilier de ce programme global, Ulysse sera durant cette année exceptionnelle au centre des expérimentations culturelles, qu’il apparaisse explicitement au travers de trésors issus des fouilles du Rhône, ou par le biais d’iconographies contemporaines, qui suggèrent au visiteur toute la force qui émane d’une Histoire tiraillée entre puissance et déliquescence. Plus qu’un programme, Marseille-Provence 2013 est une odyssée. Portrait de celles et ceux qui la font. B.B.

Photos: Jean Picon

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