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Fabrizio Bozzolan

22.05.2012

De la loge de Frabrizio Bozzola, concierge en chef du Martinez, vous aurez accès aux plus grands secrets de la Croisette et de ses stars internationales. Rencontre avec un homme de l’ombre, capable en quelques heures de mettre un chameau à trois bosses sur un roof-top.

Avez-vous une journée type pendant le festival, ou est-ce que ça change tout le temps ?

Les requêtes sont différentes, mais au final les horaires sont les mêmes.

Qu’est-ce qui est différent pendant cette quinzaine ?

Pour commencer, il y a un comptoir supplémentaire. On réceptionne pendant le festival 50 tonnes de courrier ! Cette année tout particulièrement. Au Martinez il y a beaucoup de showrooms, ce qui draîne un flux de marchandises énorme. Tout enregistrer et ne rien perdre. On gère ce qui rentre et ce qui sort. Ce qui se passe ici ne se passe pas dans les autres hotels.

Vous avez la consigne de répondre à toutes les demandes. Toutes, toutes ?

Oui ! Sauf celles qui vont au-delà de la légalité, évidemment. On essaie tout du moins. Bien sûr, même si on fait des miracles, parfois on ne peut pas. Par exemple trouver une tente de 50 personnes un dimanche soir a 22h c’est impossible. Personne n’est joignable. On trouve des alternatives, en l’occurrence des parasols.

Quelques anecdotes croustillantes à nous livrer ?

Les personnes pourraient se reconnaître, donc non !
Le 16, on a eu une demande très bizarre. On nous a demandé un objet impossible à trouver, et en double exemplaire (la rédaction pense à un oeuf de Fabergé) !! Faite le midi pour le soir même. Quand vous trouvez l’objet, vous avez ensuite le problème de l’acheminement à Cannes. Mais heureusement, Air France est là .
J’ai réussi à lui trouver en temps et en heure, à un quart d’heure près.
Le secret, c’est la constitution d’un réseau incroyable d’hommes de l’ombre dans le monde entier. Notamment avec les autres concierges aux « clés d’or » (association des plus émérites, reconnaissables aux deux badges en or épinglés sur leur veste, ndlr)

C’est très cher une conciergerie, mais on fait la différence. Le service est ce qui fait que le Martinez n’est pas seulement un bel hôtel.

Justement, qu’est-ce qui rend le Martinez si spécial par rapport aux autres palaces de la Croisette ?

Une ambiance particulière : j’ai fait 15 ou 16 hôtels et ici, il y a quelque chose de singulier, créé par son personnel. Une bonne ambiance au sein de l’équipe, qui se voit dans la relation avec le client. Et puis il y a une réputation festivalière. On fait tout pour rendre la vie des marques plus facile. Voila aussi pourquoi tout le monde vient ici.

C’est vrai que si on est client, on peut faire une fête dans une suite quand on veut ?

Oui vous pouvez l’organiser. Mais mieux vaut nous prévenir.

Avez-vous des chouchous ? Quels sont vos clients préférés ?

Ceux qui ont une interaction directe avec le service, sans passer par une secrétaire ou un agent. Certains monstres sacrés sont très humains, d’autres intouchables. Autrefois, les stars se promenaient sur la croisette, maintenant c’est impossible. Quand Belmondo et Delon viennent, ils connaissent bien le système de la conciergerie et ses services. Ils viennent vous dire bonjour, vous serrer la main. Ils stoppent photographes et agents le temps de venir vous voir.

Qu’est-ce que vous préférez le plus dans votre métier ? Le moins ?

Le contact humain, le changement quotidien, même si l’on travaille aux mêmes horaires. C’est aussi et surtout un métier qui vous donne une reconnaissance, et parfois même, vous élève au rang de personnalités.

Le moins c’est sans doute le stress inhérent au métier, surtout depuis l’apparition des NTIC. La santé en prend vraiment un coup. Et depuis l’arrivée des mails, c’est la cata.

Les qualités requises pour devenir concierge en chef d’un palace ?

Être très très débrouillard, savoir fouiner, aller chercher la où on ne pense pas. Être bon diplomate, aussi. Les qualités humaines, notamment savoir à qui vous avez à faire.
Et puis aujourd’hui, je dirais aussi qu’il faut etre un bon rp, un bon logisticien (je gère un staff de 40 personnes !), et de sacrés notions de management.

Propos recueillis par Benjamin Belin

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