Vincent Pécoil L’art dans la peau 04.02.2016 #art

Les inaugurations d’expositions sont les seuls moments où l’effet de communauté entre artistes prend réellement forme

Après un parcours artistique frôlant le sans faute, deux galeries devenues incontournables (à Dijon et dans le 13e arrondissement de Paris), Vincent Pécoil ouvre un second espace parisien ce mois-ci. L’évènement aura lieu le 4 février, au 5 rue du Mail. Espace remarquable, la Galerie Triple V promet de s’inscrire dans le top 5 des galeries parisiennes. Entretien, en attendant le vernissage.

Vincent Pécoil, dévoué à la cause de l’art depuis quand ?

Depuis tout petit. De fait, j’ai étudié l’histoire de l’art dès l’âge de 20 ans après une prépa lettres. Ensuite, j’ai commencé à travailler au Consortium pour la maison d’édition principalement, mais pas que. Je suis devenu critique d’art ensuite, puis traducteur toujours dans le même secteur. Je me suis occupé d’une association, la Salle de Bains, qui était un espace d’art à Lyon. J’ai fait des expositions dans des musées, dans des galeries, des centres d’art… Depuis 2007, j’ai une galerie (Triple V), qui a d’abord été à Dijon puis dans le 13e arrondissement depuis 2010. On ouvre un deuxième espace au 5, rue du Mail, le 4 février prochain.

Un vrai sacerdoce, non ?

Non, c’est un plaisir !

Triple V, c’est une histoire de rencontres, le nom témoigne de cela car derrière chaque lettre se cache une personne… Parle- nous de la genèse du projet.

À l’origine, on avait monté ça avec Olivier Vadrot, qui est designer, et avec qui on faisait la programmation de la Salle de Bains. On avait donc monté ça avec l’idée que ça nous ferait une structure juridique pour produire une exposition qu’on organisait au MAC de Lyon. Et puis on se disait que ça serait un cadre légal pour avoir des relations contractuelles avec des artistes, pouvoir produire des pièces, etc. À l’origine, il n’y avait donc pas cette idée d’avoir cet espace d’exposition en propre. Et puis une amie, à Dijon, nous a proposé de nous mettre un espace à disposition. C’est devenu une galerie très rapidement, et c’était presque par hasard. Elle s’est développée petit à petit, j’ai abandonné mon poste d’enseignement (j’étais prof aux Beaux-Arts) pour m’y consacrer à plein temps. C’est devenu une galerie et un peu une maison d’édition, aussi. Les «V», c’est pour Vadrot, Virginie, qui nous avait prêté le premier local à Dijon, et Vincent. Le «V», c’était aussi le nom d’une revue surréaliste qui était éditée par André Breton et David Hare à New York pendant la guerre, quand tous les surréalistes européens étaient en exil aux Etats-Unis.

Une rencontre marquante dans votre parcours artistique ?

Bien sûr : Xavier Douroux, qui était directeur du Consortium mais aussi un de mes profs à l’université. Même si je m’intéressais déjà à l’art d’aujourd’hui, ça m’a ouvert très rapidement beaucoup d’horizons et une vraie prise sur l’art en train de se faire. Consortium était à l’époque un des espaces d’art les plus pointus de France, beaucoup d’artistes internationaux y passaient. Donc ça a vraiment été quelque chose de formateur pour moi.

Aujourd’hui, la galerie a été reconfigurée, artistes et collaborateurs ont changé ; le passage à la Rue du Mail marque un nouveau tournant, notamment l’association avec une nouvelle personne…

C’est un vrai tournant, j’en attends beaucoup, et je sais que ça va arriver. L’endroit est très bien placé, c’est très grand, on a fait des aménagements qui sont vraiment adaptés à ce qu’on veut faire. Je n’imagine pas que ça ne puisse pas susciter d’intérêt… Je m’associe avec Laurent Strouk qui est un galeriste également (il a une galerie avenue Matignon). Il travaille dans un domaine parallèle au mien puisqu’il fait en partie du second marché. On s’entend très bien, c’est une façon de mettre en commun les qualités des uns et des autres.

Parlez-nous de votre exposition inaugurale, qui aura lieu le 4 février prochain.

Il y a 20 artistes, qui sont tous les artistes permanents de la Galerie. Chacun présentera une pièce. Ils sont Français, Suisses, Suédois, Américains… Une inauguration internationale, en somme !

Y-a t’il un artiste dont vous rêveriez d’exposer le travail ?

Daan Van Golden. C’est quelque chose auquel je pense depuis très longtemps, et qui me ferait très plaisir…

Vous vous installez dans un espace important au regard de la moyenne des galeries parisiennes, est-ce une manière de fidéliser les artistes de la galerie, de capter de nouveaux talents ?

Les deux, en effet. Les artistes, au bout de la deuxième exposition dans un même espace, ont tendance à se lasser un peu. Evidemment, la finalité est de travailler pour eux, de leur donner le maximum de visibilité, les meilleures conditions pour travailler. Si on veut promouvoir leur travail, ce genre d’espace ne peut que leur servir. Donc bien sûr, ils sont contents !

On nous a dit que vous étiez un «mondain discret»

J’aime bien aller dans les vernissages et tout ça! Je me souviens, quand j’étais prof d’histoire de l’art, j’expliquais aux étudiants qui avaient peur de paraître snob en allant dans des vernissages dans des musées qu’ils avaient tort, car les inaugurations d’expositions sont les seuls moments où l’effet de communauté entre artistes prend réellement forme. C’est là où ils sont tous, où les dialogues se font, et ces dialogues débouchent parfois sur des projets, des expositions… C’est important !

La mondanité dans l’art, un plaisir, un mal nécessaire ?

Ça dépend de la personnalité des gens… C’est un mal nécessaire, c’est sûr. Mais si on trouve ça agréable, c’est un plaisir. Je sais qu’il y en a qui ont horreur de ça, mais c’est certain que ça les handicape.

Comment vous situez-vous dans le paysage des galeries parisiennes ?

Je n’en sais rien, ce n’est pas trop à moi de le dire. Quoiqu’il en soit, je m’y sens bien.

Vos projets pour 2016 ?

Là, il y a cette expo inaugurale avec tous les artistes de la galerie. Ensuite, il y aura une exposition avec John Tremblay, et une avec Flora Moscovici au 24, rue Louise Weiss (dans la galerie du 13e)… Entre autres réjouissances !

Propos recueillis par Sabina Socol.

www.triple-v.fr

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