Laura DO & Bastien Laurent AVOC et l’ornement corporel 21.01.2015 #mode

On ne se lasse pas d’un principe aussi basique que le minimalisme, c’est comme le noir et le blanc, c’est increvable.

Vêtements, scénographie et arts décoratifs : une nouvelle façon de faire de la mode (entre autres) mise en place par Laura Do et Bastien Laurent, duo créatif à l’origine du label parisien AVOC. A l’aube de la Fashion Week et de l’ouverture du salon Who’s Next dont ils ont signé le décor, Saywho est allé à leur rencontre pour parler tendance, minimalisme et « ornement corporel ». Morceaux choisis.

Qui est derrière le projet AVOC? Pouvez-vous nous parler de votre rencontre? De vos collaborateurs?

AVOC est formé de Laura Do et moi-même, Bastien Laurent. Laura vient de l’agence de décor Attilalou où elle s’est formée auprès de Mathias Kiss et Olivier Piel. Elle a également monté un premier projet, sous son nom, dédié à la femme: des robes sublimes et sur mesure. Pour ma part, les gens qui m’entourent sont de la génération 87. C’est l’équipe de Snatch Magazine, des photographes et d’autres types bourrés de talent.

AVOC a la particularité d’avoir un ADN triangulaire. Quel est le lien entre le prêt-à-porter, la scénographie et les arts décoratifs?

Avec AVOC, nous dessinons des vêtements pour l’homme et la femme, et nous sommes également une agence de scénographie. Concrètement, Laura et moi passons parfois deux semaines consécutives sur un projet de décor, de la conception au maquettage, jusqu’à la réalisation sur un chantier. Nos choix de couleurs et de matériaux pour un projet d’intérieur ont donc souvent un impact sur le dessin de nos collections. C’est un dialogue constant entre deux disciplines très différentes.

En mode et en design, on constate une certaine homogénéisation de la tendance. Cette vision globale est-elle un moyen pour vous de proposer un univers qui se différencie de l’offre actuelle?

C’est avant tout un moyen d’exister. Nous ne venons pas d’une grande maison et n’avons pas d’investisseurs. Nos projets de scénographie nous permettent donc de financer nos collections. Même si on peut s’en approprier l’univers, cela ne nous empêchera pas de présenter des collections complètement déconnectées de nos activités de décor.

Cela fait quelque temps que le minimalisme et le graphisme règnent sur le vestiaire contemporain, deux directions esthétiques que semblent prendre les collections AVOC. Ne risque-t-on pas de s’en lasser?

On ne se lasse pas d’un principe aussi basique que le minimalisme, c’est comme le noir et le blanc, c’est increvable. La robe Mondrian d’Yves Saint Laurent, c’était en 1965 : c’était graphique, minimal, mais surtout intemporel.

« Architecture vestimentaire et ornement corporel » : voilà une bien jolie baseline …

AVOC est l’acronyme de cette baseline. La construction structurée et rigide du vêtement et son dessin, c’est l’architecture vestimentaire. Quant à l’ornement corporel, il renvoie au lien entre le vêtement et le décor, souvent cristallisée par le choix de nos imprimés.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle scène créative parisienne et ce qu’il en émane?

Je pense qu’on est dans une bonne génération. Surtout pour la mode masculine, qui tend vers quelque chose de plus contemporain après une longue période un peu consensuelle, centrée sur l’héritage.

Vos projets pour 2015?

On entre aux Galeries Lafayette et dans des boutiques au Japon, en Italie et en Russie. On va continuer à faire beaucoup de développement produit, à peaufiner nos coupes et  à enrichir nos collections. On s’est aussi occupés du décor du salon Who’s Next/Première Classe, qui fait 50 000 mètres carrés, et qui ouvre ses portes le 23 janvier. On espère continuer sur cette lancée.

Propos recueillis par Benjamin Belin

http://www.atelieravoc.com

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