Breakbot Les eaux calmes du son caribéen 08.02.2016 #musique

À force de tourner ensemble, on est devenus amis, et on a fini par travailler ensemble.

Trois ans après «By your side» et le fabuleux single «Baby I’m yours», Breakbot revient enfin avec un deuxième album en ce début d’année. Envie de vous imaginer près d’une piscine en plein soleil ? Vous ferez assurément de «Still Waters» votre album de chevet. Nous avons rencontré Thibaut Berland et Irfane, le duo inséparable (ou presque) de Breakbot, au lendemain de leur release party aux Bains, pour en savoir un peu plus sur les influences caribéennes de leur disque et leur addiction à Instagram. Interview à quatre mains.

Comment résumeriez-vous votre parcours ? 

Thibaut : On a commencé à bosser ensemble en 2010 pour «Baby I’m yours».

Irfane : J’ai commencé de manière très urbaine, à écouter des disques quand j’étais jeune et à acheter ma première platine à 14 ans. Ensuite, j’ai bidouillé, essayé de faire des instrumentaux de rap avec mon ordinateur de l’époque… Par la suite, j’ai fait des études qui n’avaient rien à voir, pour ensuite revenir à la musique et m’adonner pleinement à ma passion du DJing, de la production musicale et de la chanson.

Thibaut : J’ai commencé à faire du piano quand j’étais petit, mais je n’aimais pas trop ça. Puis j’ai commencé à avoir des ordinateurs à la maison et à faire des «beats» dessus. En 2005/2006 je me suis mis sur Myspace, ce qui a un peu tout déclenché : j’ai commencé à faire des remix, Pedro Winter m’a remarqué comme ça et m’a invité à venir chez Ed Banger…

En parlant de Myspace, pouvez-vous nous dire en quoi les réseaux sociaux ont eu un rôle déterminant dans votre parcours ?

Thibaut : Je dois toute ma carrière aux réseaux sociaux. C’est grâce à Myspace que j’ai pu faire découvrir ma musique aux gens, puis sortir mes premiers disques. J’ai commencé à faire des remix, puis un producteur de Moshi Moshi Records, un label anglais qui a notamment sorti les premiers maxis de Metronomy, m’a contacté pour me faire faire un disque. C’est grâce à ça que j’ai pu avancer, sinon je n’aurais jamais eu la confiance de me dire que je pourrais en faire mon métier. Après, les réseaux tels que Facebook, Youtube, ou Twitter nous ont permis d’étendre notre «emprise», sur le net.

Quel est votre réseau social préféré aujourd’hui ?

Thibaut:  Je pense que c’est Instagram, car ça reste le plus fun et surtout le plus personnel. On s’en sert aussi pour poster des photos de vacances, des idées de recettes…

Irfane : Je suis assez d’accord avec ça. Instagram est un assez bon reflet des gens, la personnalité des gens s’en dégage assez facilement, c’est intéressant.

Lequel de vous deux est-il le plus accro à Instagram?

Irfane : Probablement moi !

Quelles sont les rencontres qui ont jalonné votre parcours ?

Thibaut : Pour moi ça a été Xavier de Rosnay (Justice) et puis Pedro Winter bien sûr, et Emmanuel de Buretel (de chez Because).

Influences disco, estivales… «Still Waters» est plus que jamais un album rétro, solaire. Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Thibaut : Toutes les musiques un peu caribéennes. Tu as mis le doigt dessus ! On a voulu s’inspirer d’expériences de vacances, de soleil, de piscine… Ce côté un peu «Pool Party».

De qui vous êtes-vous entourés pour le produire ? Sans l’aide de qui «Still Waters» n’aurait pas été possible ?

Thibaut : Il y a surtout un intervenant qui est mon grand frère, qui a mixé l’album et rajouté pas mal de synthé. On a aussi travaillé pas mal avec Yasmin, la chanteuse. Elle a participé sur trois morceaux. La copine d’Irfane, Sarah Ydoux, a également chanté sur deux morceaux.

Trois ans entre vos deux albums, le temps de la maturité ?

Thibaut : On peut dire qu’on a vraiment mis un an et demi de travail pour cet album. La première année qui nous sépare du précédent est surtout une année de tournée.

Les musiciens traînent-ils entre musiciens ?

Irfane : Il y a de ça, effectivement !

Thibaut : Mais on traîne aussi avec des avocats, des restaurateurs…

Irfane : Il y a peut-être un côté artistique, mais ce n’est pas que ça. Je suis très proche de mes amis de toujours et je crois que Thibault aussi.

De qui se compose votre garde rapprochée ? Y-a-t-il toujours une bande Ed Banger ?

Thibaut : Pour moi, la chance qu’on a en France, c’est qu’effectivement on est assez soudés pour pouvoir se faire écouter les choses les uns aux autres. Il y a une vraie émulation entre artistes. Pour ma part, c’est vrai que je n’aurais jamais pu rencontrer Pedro Winter si je n’avais pas rencontré Xavier de Rosnay, si on n’avait pas fait de la musique ensemble et qu’il ne m’avait pas fait écouter le premier disque de Justice. Ça a a toujours été un moteur. Avant, c’était comme une sorte de fantasme, et je me suis rendu compte avec ma bande qu’on pouvait sortir des disques. Je les suivais un peu de loin et je trouvais que leur bande avait l’air mortelle, qu’ils rigolaient bien. Donc évidemment quand Pedro m’a proposé de les rejoindre c’était un peu un rêve qui devenait réalité. J’ai sauté dans le bateau à pieds joints et je suis très reconnaissant de la confiance qu’il m’a faite. Je me souviendrai toujours du week-end d’intégration, où je me suis retrouvé avec Sebastian, Mehdi, Thomas Bangalter, Kavinsky au Sonar à Barcelone… Je les regardais avec des yeux d’enfant. Tout d’un coup, je faisais partie d’un groupe qui m’avait influencé pendant des années.

Breakbot/Irfane : un duo inséparable ? Avez-vous aussi en tête de faire des projets solo ?

Thibaut : Un duo inséparable… Hier non, aujourd’hui oui, demain peut-être. On verra ! C’est un album qu’on a fait à deux, mais on ne veut pas que cela nous empêche de collaborer avec d’autres personnes.

Irfane : On avait collaboré sur cinq morceaux sur le premier opus de Thibaut.

Thibaut : Tu mettais ton grain de sel ! Ça s’est fait naturellement. A force de tourner ensemble, on est devenus amis, et on a fini par travailler ensemble. On a les mêmes goûts et on est complémentaires.

Vos projets pour 2016 ?

Irfane : Une grande partie de notre calendrier va être occupé par la tournée. On va défendre le disque en live de la meilleure manière possible. Ça va vraiment être une formule plus jouée, puisqu’on aura un batteur en plus.

Thibaut : Une belle petite troupe de saltimbanques bientôt près de chez vous !

Propos recueillis par Sabina Socol.
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