Simonetta Gianfelici Le visage d’AltaRoma 30.01.2019 #mode

Rome s’est affirmée de façon presque naturelle comme une plateforme de lancement pour les talents émergents

Simonetta Gianfelici est le visage d’AltaRoma. En charge de l’exposition Showcase (dédiée à mettre en avant le travail de jeunes designers) et du programme “Who is on next?” avec le soutien de Vogue Italia, c’est elle qui sélectionne les talents invités à défiler lors de la troisième manifestation mode la plus importante d’Italie. Après tout, c’est à Rome que s’est émancipé la haute couture italienne; et même si aujourd’hui les grandes maisons historiques n’y défilent plus, Rome reste dans les esprits associée à l’exigence de la couture. Depuis plus de dix ans, la ville a opéré un véritable repositionnement sur la scène de la mode italienne, et Simonetta Gianfelici en est l’une des principales instigatrices. À l’occasion de la dernière édition d’AltaRoma, elle revient pour Say Who sur les talents qui ont contribué à son succès et sur le tout nouvel espace choisi pour son Showcase : le PratiBus District.

Pouvez-vous nous présenter le projet Showcase et nous parler du “Made in Italy” présenté à Altaroma?

Le projet Showcase est né il y a trois ans dans le cadre d’AltaRoma et grâce à la contribution de l’agence ICE de promotion des entreprises italiennes à l’étranger. Il vise à présenter au public des marques émergentes, des designers indépendants qui ont pour dénominateur commun le “Made in Italy”. On y retrouve également des créateurs étrangers qui ont choisi la production italienne pour son excellence. Ce que nous cherchons à accomplir, à la fois avec Showcase mais aussi le projet « Who is on Next ? » (qui en est actuellement à sa treizième édition), c’est créer un vivier de talents. Les jeunes talents sont la force motrice de l’industrie et ont un rôle important à jouer dans le développement de la production italienne afin de lui donner un nouvel élan plus créatif et plus contemporain. Tous partagent une forte exigence en terme de qualité de production et de recherche.

Qui sont les designers présentés au Showcase cette année ?

À chaque nouvelle édition, nous présentons environ soixante designers, une quinzaine par jour. Parmi les nouveaux noms qui marquent cette édition d’Altaroma je citerais pour le prêt-à-porter Caterina Moro, Federico Cina, pour les sacs Maissa, Maria Lamanna, Ninael. Pour les accessoires, //Delirious, 011Eyewear, mais aussi des marques de bijoux comme celle de Sylvio Giardina. Nous avons également commencé à introduire des marques de streetwear qui ont une image plus jeune et qui considèrent le vêtement comme mode d’expression, ainsi que quelques marques qui se distinguent pour leur engagement envers le développement durable et une production éco-responsable.

Quelle est la place d’AltaRoma dans l’industrie de la mode italienne dans sa globalité, notamment par rapport à la Milan Fashion Week et Pitti Uomo ?

Au cours des dix dernières années, Rome s’est affirmée de façon presque naturelle comme une plateforme de lancement pour les talents émergents. Nos initiatives ont permis de faire découvrir des designers talentueux comme Arthur Arbesser, qui est aujourd’hui à la direction créative de Fay, ou Paul Andrew avec Ferragamo. Je crois beaucoup à la contamination positive entre les designers étrangers qui arrivent à la direction créative de maisons historiques italiennes et les jeunes créateurs italiens ayant étudié à l’étranger et qui choisissent la production manufacturière italienne. C’est une richesse et une ouverture pour le “Made in Italy”. Altaroma a aujourd’hui clairement une mission au regard de l’émergence des jeunes designers alors que Pitti est un centre d’excellence de la mode masculine. Nous travaillons tous en synergie avec la Camera Nazionale delle moda pour que nos designers trouvent les plateformes dont ils ont besoin pour leur croissance en terme de distribution et de production, mais aussi pour l’accès aux marchés étrangers.

La scène mode internationale est aujourd’hui multipolaire avec non seulement les grandes capitales mais aussi des nouveaux acteurs comme Berlin, Madrid, Shanghai ou Tokyo. Quelle est la particularité de Rome ?

Selon moi, la réussite d’AltaRoma est de s’être imposée comme un vivier de jeunes talents ces dix dernières années. Altaroma bénéficie d’une contamination naturelle par la culture romaine (le design, le cinéma, la mode…) Les relations entre tous ces domaines y sont extraordinairement fluides.

Pouvez-vous nous parler de ce nouveau lieu d’exposition, le PratiBus District, en plein cœur de la ville ?

On nous demande souvent quand Altaroma trouvera enfin son siège institutionnel où organiser ses expositions et ses défilés. Je pense au contraire que le fait de déplacer les manifestations d’AltaRoma est une richesse et que cela est très stimulant. Cette dynamique permet de faire découvrir aux visiteurs les multiples facettes de la ville et ses quartiers, ce qui permet aussi de renouveler notre image à chaque édition. Comme la mode, AltaRoma a besoin de ce renouvellement permanent. Les précédentes éditions d’AltaRoma qui se sont déroulées à Cinecittà, dans les célèbres studios de Cinéma, à Guido Reni, ou encore au Colosseo et au parc archéologique ont eu beaucoup de succès. Ce nouvel emplacement, le PratiBus District, a beaucoup plu aux visiteurs italiens et étrangers, mais aussi aux voisins du quartier Prati qui étaient ravis de redonner vie à cet espace.

Interview : Delphine Souquet
Portrait et photos : Ludovica Arcero & Francesco Salemme

Vidéo : Francesco Salemme

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