Cyril Bodin 09.04.2013
Jeudi 11 avril, le Bus Palladium fêtera ses trois ans. Ou devrait-on dire les trois ans de sa réouverture puisque le temple du rock parisien a traversé les genres et les époques. Et s’il y est bien une chose immuable depuis les années yéyés, c’est l’esprit fraternel qui règne en maitre sur ses murs humides. Rencontre avec Cyril Bodin, vénérable gardien des traditions et vaillant chef de bande.

Qu’est-ce qui a changé ici depuis James Arch (fondateur du Bus Palladium, au milieu des 60’s, ndlr) ?
 
Beaucoup de choses. Déjà le lieu a changé : avant, l’entrée se faisait par le fumoir du club. Il n’y avait pas de restaurant, ni d’étage.
Aujourd’hui, le lieu est agrandi, l’ambiance est toujours rock, bien que dans les 60’s c’était plus yéyé que rock…
Entre 1965 et aujourd’hui, il y a eu beaucoup de phases musicales différentes autour du rock :  le punk rock, le hard rock, le grunge, le rock new-yorkais… 

Ce qu’il y reste en tout cas, c’est la « bande du Bus », aujourd’hui avec toi, Gunther Love, Nicolas Ullmann, Yarol Poupaud…
 
Ce sont des amis de longue date, ça fait 18 ans que je connais Nicolas. J’ai rencontré Gunther à l’époque du Globo. C’est le même patron du Globo qui a repris le Bus, et quand il a réouvert j’en ai profité pour ramener ma clique, dont Gunther, Nicolas, ainsi que Yarol Poupaud et d’autres artistes qui sont venus se greffer par la suite.
 
Qu’est-ce qui a bien pu créer un tel contingent d’électrons libres, hormis l’amour du rock ?
 
On privilégie la fête, le côté « anti show-off », les gens cools. On essaie de faire du Bus un endroit sympa, rock, mainstream et populaire. Matthieu Chedid, Peter Doherty, Louis Bertignac viennent souvent car on n’est pas tout le temps derrière eux, il n’y a pas d’effet d’annonce. L’ambiance décontractée et tout sauf « m’as tu vu » leur plait.
 
J’imagine qu’entre la salle de concert et le fumoir, entre 21h et 6h du mardi au samedi, tu as du faire de belles rencontres… Y en a-t-il une ou deux qui t’ont marquées particulièrement ?
 
Sans hésitation les rencontres artistiques : avec les Jams, Noel Gallagher, Louis Bertignac, Matthieu Chedid, les Gush… Les souvenirs musicaux que l’on garde de boeufs improvisés sont toujours les plus intenses.
 
Canal+ s’est abonné au Bus visiblement…
 
Je connaissais la RP de Canal+ et elle m’avait proposé de faire des privatisations au Bus, puis Daphné Burki sort avec Gunther, Dora Tilier avec Nicolas… Ce qui fait qu’on les voit souvent. Mais ça s’est fait naturellement, sans stratégie.

Peux-tu nous faire un organigramme de ta tribu?

 
Que nous préparez-vous pour cette nouvelle année de festivités ?
 
Les autres années on courait après les « têtes d’affiche ». Dorénavant, on préfère opter pour quelque chose de plus fédérateur pour tout le monde, moins compliqué, en faisant jamer tout ceux qui sont fidèles. On a voulu remercier tout le monde, les artistes connus ou pas, car pour nous, cette année, c’est un peu l’anniversaire de tout le monde !
 
Le rock a-t-il toujours son mot à dire en 2013 ? Lequel ?
 
Oui je pense, à la vue de ce qui sort, de ce qui se fait, de tous les groupes qui nous sollicitent au quotidien pour jouer ici…
Malgré les déviances et valeur ajoutées électro-rock, électro-pop, oui, le rock a son mot à dire : NO FUTURE !
 
Un nouveau talent pour finir ?
 
Moi ! 
Sinon mes groupes coups de coeur : Black Minou – talent qui perdure,  Natas Loves You, ThreeSome Sisters, Bel Plaine…
 
Propos recueillis par Salome Jartoux
Photos : Valentin le Cron
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