Lilly Wood & The Prick Paris IX 10.12.2012

Saywho s’est accordé une petite pause café avec Nili Hadida et Benjamin Cotto, le duo mixte réuni il y a déjà 6 ans, par un ami commun – Christophe Chobeaux (Anciennement Directeur des boutiques France American Apparel, plus récemment globe trotter ndlr). Après « Invicible friends », ils quittent leur bulle féérique et surréaliste pour « The Fight », un nouvel opus « plus libre », « plus vrai », « plus Lilly Wood & The Prick » en somme…  De leur premier moment de gloire au Pop In, à leur potentielle collab avec Maïwenn, nous sommes revenus sur les quelques figures qui ont jalonné et marqué leur parcours artistique, dont l’immanquable « cristalliseur de moment » Jean-Charles de Castelbajac, l’ami qui leur a porté chance aux Victoires de la Musique 2011 (Lilly Wood & The Prick a gagné le prix « Révélation du Public » ndlr). Rencontre avec la « je ne sais pas chanter » et le « je ne suis pas musicien » d’hier. Groovy.

Un premier album « folk-rock » assaisonné de »pop-electro » (Invicible Friends ndlr) ; aujourd’hui un deuxième opus, qui surfe un peu beaucoup sur la vague 70’s des années Disco. On sent que l’air californien vous a ouvert et forgé le caractère… C’est plus inspirant et formateur que l’air parisien? C’est l’endroit « where you want to be » pour toujours?

Nili: Moi j’y ai vécu et je ne pense pas que j’y revivrai. Paris, c’est ma maison, vraiment… Pour avoir habité dans plusieurs endroits autres que la Californie, je peux dire que je me sens chez moi ici. On ne l’a pas cette ambition des Amériques.  Et puis moi j’aime pas trop le Disco en fait…

Benjamin: Oui on a mis quelques arrangements Disco dans « Middle of The Night « mais c’est du pur hasard. 

N: Quand on nous dit « alors c’est hyper Disco », on s’est dit « ah ouais merde, c’est Disco ». On a pas du tout fait exprès, surtout moi avec ma mère qui me pompait l’air avec ça et j’ai quasiment un rejet du Disco… C’est drôle la façon dont ça ressort, tout seul. Bon c’est pas tout l’album, c’est seulement quelques morceaux… Il y a peut-être des influences un peu plus « groovy », mot plus adapté que le mot « Disco » [Rires]

B: Après si l’air californien est plus inspirant, je ne sais pas… On peut faire de très belles images là-bas c’est sûr.

« The Fight », un album cathartique : oui, non? 

B: On s’est beaucoup plus réalisé nous-mêmes. Donc évidemment il y a ce côté qui nous permet de nous sentir plus accomplis en tant qu’artistes. Au niveau des textes, Nili peut peut-être te parler de supports exutoires…

N: On s’est peut-être aussi débarassé de pleins de petites choses qui étaient superficielles telles que les espèces de synthé très présents dans nos anciens morceaux. J’ai l’impression que la production de notre nouvel album est beaucoup plus intemporelle. Il y a ce « truc » qui le rend abordable, simple d’accès… Pour le côté exutoire des textes, j’ai toujours écrit dans cette visée-là. 

Donc vous avez gagné « The Fight » en fin de compte. Un album « plus libre » dans la composition, et « plus technique » dans la réalisation. Nili, dans votre film « Long Way Back » (Part 1) tu mets K.O. Ben. T’as un peu « tué » le côté « prick » (stupide ndlr) de votre duo en fait. 

N: En fait ce sont les deux personnes en charge de l’écriture du scénario qui en ont décidé ainsi. C’est un clip en deux parties (« Middle of the Night » est la partie 2 ndlr). Dans la deuxième, Ben se venge…

B: Je la fais tomber maladroitement… Et puis c’est toujours plus marrant de voir une fille mettre K.O. un mec. Après c’est vrai qu’on voulait casser le côté « niais » du groupe, le côté Tim Burton qu’on nous avait donné.  On voulait danser, on voulait qu’il se passe des choses, être « acteurs » du clip et pas seulement « subir le clip ».

N: C’était hyper rigolo mais c’était du boulot, c’était fatiguant… T’arrives en Californie, t’es éclatée ; trois jours de répet avec des danseurs américains dans un espèce de warehouse. Au bout du deuxième jour on te demande de faire la choré sur des rollers sans même savoir si tu te sens capable de faire les mêmes pas avec des rollers aux pieds… Et puis pour la boxe, je n’en avais jamais fait non plus… En fait c’était le clip de Ben. Il avait déjà fait du roller et de la boxe [Rires]. On avait pas beaucoup de temps, pas beaucoup de budget. Ils nous ont foutu sur un espèce de ring et du coup j’étais hyper stréssé et je le tapais vraiment.

Tout ça parce que Pierre Guimard (producteur du groupe, et guitariste, bassiste ndlr) vous a laissé vous débrouiller « comme des grands »… D’ailleurs vous vous êtes rencontrés comment, quand et où avec ce « music-handyman »? 

B: Via MySpace. 

N: Il nous a envoyé un email et on s’est appelé. Il nous a confié qu’il avait un studio, qu’il aimait beaucoup ce qu’on faisait et donc, il nous a proposé de venir enregistrer. A l’époque on avait juste jouer au Pop In, c’était notre plus grand moment de gloire. Evidemment on a répondu positivement. On a eu un putain de coup de foudre amical et musical avec ce type et on ne s’est plus quitté. C’est grâce à lui et Mathieu Tessier (manager du groupe ndlr) qu’on en est là aujourd’hui. 

Un petit recap sur vos dernières collab : Tsumori Chisato, Maxime Simoens, Jean-Charles de Castelbajac, Petecia Le Fawnhawk…?  

N: En fait mon ancienne styliste m’a fait porté des pièces de Tsumori Chisato lors de la précédente tournée et du coup j’ai commencé à sympathiser avec l’attaché de presse. J’ai fait une chanson et ce film pour sa collection AW2013, et puis après j’ai rencontré la créatrice en personne, en déjeunant chez Lou Doillon.

Maxime Simoens… On feuilletait le Modzik et on est tombé sur un petit encart sur lui et ses créations. J’ai adoré l’une de ses robes donc je lui ai envoyé un email et il m’a répondu. Aujourd’hui on est très potes. On a joué live pour son premier défilé, on s’invite les uns les autres souvent pour déjeuner/diner. Il a récemment été racheté par LVMH. Il a fait un body pour Béyoncé, habillé Beth Ditto… Tout se passe très bien pour lui. 

B: On a le même âge et on a évolué en même temps donc il y a cette espèce de conivence qui nous rapproche quelque part… En ce qui concerne JCDC, on s’est croisé plusieurs fois et on s’est toujours dit qu’on devait faire quelque chose ensemble.

N: Je me rappelle qu’il avait mis dans son player MySpace un de nos tous premiers morceaux, à l’époque où on avait 300 fans sur MySpace. On avait rien fait d’exceptionnel et donc on s’est aperçu qu’il nous suivait depuis le début. On voulait jouer live pour un de ses défilés, ça ne s’est pas fait mais il nous a habillé pour les victoires de la musique 2011. Et on l’a trop incrusté dans la scénographie de notre performance. Les victoires, c’est un live et c’est bien carré. JCDC il arrive, complètement ché-per, avec une forêt de néons sur scène… Toute la régie devait avancer et t’avais Castelbajac qui parlait à 40 personnes différentes (« Il faut crystalliser le moment vous comprenez »)… Et puis comme il était très pote avec le programmateur, il a présenté un prix et rien de tout ça était prévu au départ. C’était n’importe quoi. C’était très drôle.  A l’heure actuelle rien de précis, mais je sais qu’on aura l’occasion de recollaborer et de refaire des conneries ensemble. 

B: Petecia Le Fawnhawk (réalisatrice du clip « Middle of the Night » ndlr) on l’a rencontré via Mark Maggiori (l’ex chanteur du groupe Pleymo et compagnon de Petecia ndlr). 

N: Ce mec a un talent de ouf, dans milles domaines. Un mec hyper sensible et très bon ami de Pierre Guimard notre producteur. Il a réalisé notre clip « This is a love song » et Petecia était la styliste. On a eu un petit coup de foudre avec elle. C’est une fille qui plane totalement. 

B: C’est la californienne, hippie, qui a grandit dans une caravane…

N: On dirait une elfe, elle est tarée… La première fois qu’on l’a rencontrée c’était pour notre clip « This is a love song ». On venait de débarquer à L.A., complètement jet-lag et on voit cette espèce de grande gigue dans un supermarché, déguisée en « Uma Thurman dans Pulp Fiction », en train d’acheter de la viande pour faire un barbecue… Donc cette fois-ci elle ne nous a pas habillé mais dirigé pour notre clip « Middle of the Night ». Son projet était hyper ambitieux par rapport au budget qu’on avait et le résultat est vraiment réussi. Sinon dernièrement on a fait la musique du film « Ouf » de Yann Coridian. C’était une joli rencontre aussi… Et on va présenter le film au Festival de cinéma européen des Arcs (du 15 au 22 décembre 2012 ndlr). 

Donc les bonnes rencontres se transforment souvent en bonnes collaborations. La prochaine, ce sera avec qui?

N: On aimerait beaucoup travailler avec Maïwenn. 

Collaborer avec la mode, ça a l’air d’être un terrain de jeu sympathique pour LW&TP. Si la musique vous épuise un jour, les petites récréations filmiques pour des créateurs de mode pourraient devenir une activité à plein temps? 

B: J’aime bien l’idée de réaliser des choses mais pas forcément avec la mode. J’aime bien ce milieu de l’extérieur mais être « trop de dedans » non… Et pour être honnête je n’ai pas très envie de me risquer à faire des films pour des créateurs alors qu’il y a un tas de gens talentueux qui le font déjà. Je ne pense pas avoir un talent artistique visuel et la musique est loin de nous épuiser je crois…

Et les influences de Lilly Wood & TP: elles se croisent à quels carrefours?  

B: Il n’y a rien qu’elle aime que je n’aime pas.

N: On écoute tellement de tout tous les deux… En ce moment on écoute Abadabad, Daughter, Total War, …

Les bonne résolutions pour l’année 2013, pour commencer la tournée en beauté? 

B/N: Reprendre le sport, moins boire… avoir une meilleure hygiène de vie!

En tournée à partir du 25 janvier 2013 (France, Belgique).

Propos recueillis par Alexandra S. Jupillat

Photographe: Valentin Le Cron 

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