Simon Porte Jacquemus 29.09.2011 #mode

Très jeune talent… À 21 ans, Simon Porte Jacquemus a réussi en à peine un an à imposer son style épuré et ses silhouettes féminines. Rencontre avec cet autodidacte qui affole la planète mode.

Comment est né votre amour pour la mode ? Quel est votre rapport au vêtement, en général ?

Je veux travailler dans la mode depuis toujours ! Tout jeune, déjà, j’allais fouiller dans la penderie de ma mère et de ma grand-mère. Leurs vêtements sont pour moi une référence. Mais je ne suis pas un fou du vêtement en termes de quantité. Quand je fais une collection, je ne cherche pas à faire beaucoup de pièces. Une collection c’est un contexte. Je préfère raconter une histoire et imposer un look fort par très peu de pièces.

Quelles sont vos influences, vos références ?

Tout ce qui touche aux filles de Gainsbourg, c’est-à-dire Isabelle Adjani, Anna Karina. Des filles fragiles. Mon influence est très « française », je trouve…

C’est quoi la femme Jacquemus ?

Je pars toujours d’une femme du Sud, simple, avec ses enfants, une femme à l’image de ma mère. On me dit souvent que j’ai un style très minimaliste. Je ne le perçois pas comme ça. En tout cas, la femme Jacquemus de ma dernière collection est incarnée par Caroline de Maigret qui a accepté de présenter mes pièces (ndlr célèbre mannequin français de 36 ans).

Votre première collection s’intitulait « Les filles en blanc », la deuxième « Hiver froid » et la troisième « L’Usine ». Décrivez-nous chacune d’entre elles et l’évolution de votre travail.

Mes deux dernières collections correspondent bien à l’état d’esprit dans lequel je me trouve. La première a été réalisée dans un laps de temps beaucoup plus long. Du coup, j’ai l’impression qu’elle est très « découpée », qu’elle part dans tous les sens ! Les suivantes sont plus structurées. Tout est blanc. La nouvelle, qui sort dans quatre jours, n’est faite que de tuniques. J’aime faire une collection nette, sans surprises à la fin. Mon idée c’est que ma cliente m’achète chaque année un basique qui va perdurer, donc, qu’elle va pouvoir garder.

Qui admirez-vous le plus dans la mode contemporaine ?

J’aime beaucoup Prada et les collections minimalistes de Calvin Klein. C’est précis, concis et il y a des idées fortes. Mais je ne me retrouve chez aucun créateur, je ne me sens vraiment pas rattaché à quelqu’un.

Vous êtes soutenu par Rei Kawakubo, patronne de Comme des Garçons. Comment s’est passé votre rencontre

Elle est venue au showroom et a fait beaucoup de compliments sur mon travail. Elle a vraiment apprécié la dernière collection, mais elle n’a rien pu m’acheter parce que les jupes étaient beaucoup trop courtes pour ses clientes japonaises. Là, je l’attends au tournant !

Vous avez organisé un défilé lors de la Vogue Fashion Night de Paris. Expliquez-nous votre démarche. Vous réalisez souvent de tels évènements ?

Ma grève ! L’idée était de faire faire grève à mes quinze filles habillées en ouvrières. Il n’y aucun message, je ne défends aucune cause, mais le milieu ouvrier m’inspire. Et je crois que ça a plutôt bien marché ! C’est le troisième événement que j’organise. Le premier a eu lieu lors de la première « Vogue Fashion Night », le second, avant le défilé Dior.

La fashion week commence… Présentez-vous votre travail ? Allez-vous assister à des défilés ? Lesquels ?

Je ne fais pas de mise en scène parce que je ne suis pas assez « fort » pour inviter beaucoup de presse. J’ai juste un showroom à Paris du 1er au 8 octobre où je vais présenter mes pièces aux acheteurs. C’est concret, et pour moi c’est le plus important. Je ne pense pas assister aux défilés, mais si je devais choisir, ça serait sans doute celui de Comme des Garçons. J’adore leur show, c’est toujours comme une œuvre d’art qui défile.

Propos recueillis par Juliette Hautemulle
Photographie de Fabien Pochez

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